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Dyslexie et dysorthographie, Vanessa, 25 ans témoigne pour Ecole 2demain.

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Diagnostiquée dyslexique et dysorthographique, Vanessa témoigne de son parcours scolaire, universitaire et professionnel.

Vanessa, tu as 25 ans, suite à des premières expériences professionnelles, tu as décidé de reprendre tes études. Pour toi, quelle est la situation dans l’éducation nationale ?

Je déplore un univers éducatif très rédactionnel et la faible possibilité de pouvoir se confronter à la réalité des entreprises. Je m’explique.

Quand tu es un enfant #dys, il est très difficile d’exister. Je peux décider de parler ou non de mes handicaps mais si je le décide, je m’expose à la méchanceté des autres enfants. Pour les professeurs, nous sommes souvent perçus comme des élèves qui manquent de motivation, voire qui sont des fainéants. Je les comprends mes notes de dictée oscillaient entre 0 et 5. De plus, il y a un oubli, une abstraction de tout le travail de rééducation que je devais faire et qui est hors du temps scolaire, essentiellement les mercredi après-midi. Toutes ces heures de rééducation n’étaient pas reconnues comme temps de travail. Mais pour moi, cela faisait qu’il me restait très peu de temps personnel, de temps pour jouer comme les autres. C’est toute la problématique pour ce que j’appelle les handicaps invisibles. A l'université, il en était de même.

Dans l’entreprise, j’ai également eu ce ressenti et j’ai fait le même constat. Ma lenteur, par exemple, existe malgré mes stratégies de compensation. Les autres oublient. Plus j’avance dans mes tâches, plus le travail s’accumule. Il était important pour moi de savoir dire STOP. Quand vos collègues ou vos managers vous font des remarques sur votre orthographe : “Qu’est-ce que tu appris à l’école ?” ou “t’as pas appris à écrire à l’école”, cela peut entraîner une culpabilisation permanente.

Quelles sont les tâches que tu vu être mises en place par les autres pour t’aider ?

Le tiers-temps (tiers-temps supplémentaire accordé lors des évaluations, examens et concours aux élèves en situation de handicap) et l’aménagement matériel (ordinateur, logiciel de dictée vocale) et des séances d'ergothérapie. Mais ce n’est pas évident surtout si l’enfant n’est pas à l’aise à l’oral. Ces solutions n’écrivent pas à notre place. Il est nécessaire d’avoir déjà des pré-requis pour que cela nous aide. De plus, cela pose la question des moyens et du budget.

Il est arrivé que mes fautes d’orthographe ne soient plus prises en compte et que je sois dispensée de l’enseignement des langues étrangères, c’était un vrai plus pour moi, un soulagement.

Quelles sont les actions que tu as mise en place ?

Au travail, j’ai des documents et lettres types. J’essaie d’apprendre mais c’est un sacrifice personnel permanent entre les cours particuliers, les séances d’orthophonie. Heureusement, j’ai bénéficié du soutien de mes parents.

Quels sont les résultats ?

A 25 ans, j’ai un baccalauréat STT (comptabilité/gestion) et une licence en ressources humaines. Aujourd’hui, j’ai repris mes études et je fais un Master en management des organisations. Depuis 2005, j’ai la reconnaissance RQTH.

Tes résultats génèrent quelles réflexions ?

Le stylo de reconnaissance serait à davantage développer et je recommande le site antidote pour les corrections.

Si tu avais un conseil à donner aux personnels éducatifs, lequel serait-il ?

Faire davantage attention à la lourdeur du travail par rapport au temps que cela nous prend. Il est plus confortable pour nous de travailler à l’oral. Or toute la façon d’apprendre et d’évaluer l’apprentissage est à l’écrit. Ensuite, cela manque de pratique car l’objectif, c’est bien l’insertion dans l’entreprise.

Si tu avais un conseil à donner aux parents ?

Cela dépend de leurs propre parcours et de leur niveau scolaire. Il ne fait pas hésiter à aller voir les instituteurs. C’est eux qui détectent, qui peuvent amener à aller faire des tests chez les orthophonistes et surtout l’importance de faire des bilans régulièrement. Les enseignants vont voir le handicap comme une contrainte, c’est pourquoi il est très important de soutenir l’enfant, de lui dire qu’ils vont y arriver ensemble, que l’enfant va être aidé.

Et si tu avais un conseils à donner aux enfants dys ?

Toujours garder espoir, Einstein était dys, j’ai des témoignage d’enfants dys qui ont réussi leurs études de pharmacie.. L’éducation nationale peut être bête et méchante, il est important d’apprendre autrement, de travailler, persévérer, apprendre à contourner les obstacles. Nous avons d’autres talents.

Les sites que je recommande :

http://www.paroles-de-dys.org

http://coridys38.org/

 

 

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1 commentaire(s)

ggay Débutant

Une bonne analyse de la souffrance et des angoisses subies par les dys . Je souhaite de tout coeur que ce site devienne le portail de référence du handicap afin que tout soit mutualisé pour la plus grande compréhension des handicaps , qu'ils soient visibles (moteur) ou invisibles (cognitifs).
Un grand pas vient d'être fait , il reste un long chemin à parcourir !
Continuons à partager le positif et à nous indigner sur le négatif !
amitiés GGay

Développement et infogérance Bearstech