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Une expérimentation d'examen standardisé pour le dépistage des troubles des apprentissages

Depuis plusieurs années, le discours gouvernemental insiste sur le dépistage précoce. Nous avions ainsi été surpris de la tonalité des annonces faites à la Direction Générale de la Santé en janvier 2009 pour souligner le rôle de la pédiatrie de Ville, en insistant sur le fait que les Centres Référents des Troubles du Langage et des Apprentissages ne doivent pas être « surchargés ou engorgés » par les demandes de diagnostic dans les cas les plus « légers ».
L’initiative de l’association MOD 4, 5, 6 avec le soutien des Unions régionales des médecins libéraux d’Ile-de-France, de Rhône-Alpes et l’expertise de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) marque donc une avancée sensible, car elle démontre que l’implication de ces derniers est possible.
De l’expérimentation à la généralisation sur l’ensemble du territoire, les attentes sont énormes et l’espoir immense.

 

Depuis la publication du Rapport Ringard, le repérage, le dépistage et le diagnostic des  troubles des apprentissages ont connu une évolution très sensible. Toutefois, celle-ci reste insuffisamment précoce et trop variable selon les régions ou les académies.

Le dépistage des TSLA à la traine

En septembre 2005, la Haute Autorité de Santé publie des « recommandations pour la pratique clinique et des propositions de dépistage chez les enfants avant 6 ans à l’usage des médecins généralistes, pédiatres, médecins scolaires et de PMI », sans enclencher de dynamique réelle.
La loi réformant la protection de l’enfance de 2007 impose le dépistage des troubles des apprentissages dans les Bilans de Santé 3-4 et 6 ans, en rappelant l’objectif d’exhaustivité des Bilans (100%) : sans grand résultat à ce jour.
Aussi, l’implication des médecins généralistes et des pédiatres libéraux dans les dispositifs de repérage et de prise en charge, a-t-elle été requise avec des efforts significatifs : un séminaire en Janvier 2009 à la Direction Générale de la Santé dédié aux Troubles des Apprentissages et un document de référence édité par la Société Française de Pédiatrie en Avril 2009 sur le sujet .
Pourtant seuls la moitié des enfants de 3-4 ans bénéficient du bilan de santé organisé par les PMI et l’Education nationale, faute d’infirmières et de médecins scolaires en nombre suffisant : un bilan fondamental qui précède l’entrée en cours préparatoire, avec un taux de couverture assez loin de l’objectif.

Une expérimentation d’examen standardisé

D’où l’idée de formaliser l’implication des médecins généralistes et pédiatres libéraux dans le repérage des troubles des apprentissages et troubles psychoaffectifs des enfants de 4 à 6 ans par un examen standardisé à ces âges clés, en leur donnant des moyens adaptés à leurs besoins et les attentes.
Pour tester la faisabilité de ces consultations de repérage en cabinet, une expérimentation a été menée par l’association MOD 4, 5, 6 avec le soutien des Unions régionales des médecins libéraux d’Ile-de-France, de Rhône-Alpes et l’expertise de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).

Des résultats très encourageants

Les résultats publiés de l’expérimentation sont très encourageants :

  1. Un repérage "reserré" des anomalies pouvant conduire à des troubles des apprentissages, permet de dégager au cours d’une consultation sur deux environ, les problèmes cognitifs qui vont gêner l’enfant dans ses apprentissages, notamment les troubles spécifiques du langage oral, écrit et les praxies (8% des consultations)
  2. Les parents ont perçu la consultation comme intéressante (90 %) et l’enfant comme « amusante » (81 %), et certainement moins « traumatisante » pour les uns ou les autres que la démarche dans un Centre hospitalier. Cette consultation est également ressentie comme un moment privilégié d’échange avec le médecin.
  3. La généralisation de cette consultation de repérage des troubles des apprentissages et psychoaffectifs parait utile à 96 % des médecins et faisable (86 %).

Des ajustements

Des ajustements doivent être mis en œuvre pour permettre l’appropriation par les praticiens « de ville » :
a)    un allègement de la consultation à une durée maximum de 45 minutes (temps dépassé dans 65 % des consultations) ;
b)    Une rémunération spécifique dont le montant serait estimé à 150 euros : proposition d’un forfait santé publique de consultations à des âges clés qui inclurait (i) la consultation spécialisée, (ii) l’analyse des tests ainsi que (iii) le temps de coordination nécessaire pour amorcer la prise en charge de l’enfant lorsqu’elle s’avère nécessaire.
c)    La formation préalable des médecins permettra de les doter d'outils spécifiques pour réaliser ces consultations.
d)    La liaison avec les médecins de PMI, de l’Education nationale et de la médecine scolaire doit être organisée pour éviter les doublons.

 

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